Qui est Kamala Harris, la nouvelle Vice-Présidente des Etats-Unis et probable future Présidente ?

« Ma mère me disait souvent : Kamala, tu seras peut-être la première à accomplir de nombreuses choses. Assure-toi de ne pas être la dernière

Kamala Harris
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Les médias américains l’ont annoncé il y a quelques heures : Joe Biden deviendra le 46ème Président des Etats-Unis après une période de transition qui nous mènera jusqu’au 20 janvier 2021. 

Une victoire, encore contestée par Donald Trump, qui en cache une autre : celle de Kamala Harris qui rejoint l’Eisenhower Executive Office Building. Une première historique pour une femme.

 
Mais qui est cette femme inconnue en France et méconnue aux Etats-Unis ? 


Une question cruciale. Biden est le plus vieux Président américain, les observateurs de la vie politique transatlantique doutent sur sa capacité à tenir jusqu’à la fin de son mandat de quatre ans, soit jusqu’en 2022. 


FILLE D’IMMIGREE BIBERONNEE AU MILITANTISME


Kamala Devi Harris est née à Oakland (Californie), le 20 octobre 1964, d’un père économiste, professeur d’université, originaire de Jamaïque et d’une mère oncologue née en Inde. Ses deux parents se sont installés aux Etats-Unis avant sa naissance afin de finir leurs études.


Leur idylle commence sur les bancs de l’université de Californie, à Berkeley, dans les années 60. Ils ont milité ensemble au sein du moment des droits civiques.


Selon ses propres mots cela celui permis de « voir à hauteur de poussette le militantisme des défenseurs des droits civiques et d’être entourée d’adultes engagés au service de leur communauté ».


Lorsqu’elle a sept ans, ses parents divorcent. Elle suit sa mère à Montréal (Canada) et y vécu de 1976 à 1981. 
Elle retourne aux Etats-Unis afin de suivre des études à l’université d’Howard à Washington (établissement historiquement fréquentée par les noirs) puis retourne en Californie pour finir ses études de droit.


D’UNE FEMME DE LOI…


Tout juste diplômée, elle rejoint le bureau du Procureur du comté californien d’Alameda mais s’y sens à l’étroit.


Ambitieuse, elle se présente, en 2003, au poste de procureur du district de San Francisco avec le soutien des syndicats de police. Election qu’elle remporte, en devenant la première femme noire à y parvenir. Militante contre la peine de mort, elle s’interdit de la requérir devant les jurys populaires. Cela lui valut beaucoup de critiques en particulier dans une affaire d’assassinat d’un jeune policier. Cet épisode lui fit perdre le précieux soutien des policiers. 

En 2010, elle est élue Procureure générale de Californie. Encore une fois, elle est la première femme noire à occuper ce poste. Un poste qui lui a laissée une image de femme de poigne, implacable contre les criminels et plutôt laxiste avec les bavures policières.


Une ligne dure décriée au sein de la franche la plus à gauche du parti démocrate mais qui permet de contrebalancer les attaques des républicains en « socialisme » (une injure aux Etats-Unis). Trump l’a qualifié de gauchiste radicale. Drôle d’attaque pour un homme qui l’a soutenu financièrement lors de ces campagnes en Californie (5000 dollars en 2011).


L’un de ses faits de guerre ? Lors d’une class action (action de groupe) concernant les subprimes, elle avait refusé une offre à 4 milliards de dollars des géants de Wall Street les trainant devant la justice. En fin de course, elle obtient 16 milliards supplémentaires ! 


… A SENATRICE RESPECTEE 


Six ans plus tard, elle est élue première femme noire au Sénat pour y représenter la Californie. Mais le soutien de la communauté noire lui fit défaut, d’après le Wall Street Journal, trainant comme boulet sa sévérité comme procureur.  

Le premier Second Gentleman,
Douglas Emhoff


Le New York Times la décrit comme une « pragmatique modérée ». Cette réputation, elle l’a acquise dans un premier temps au sein de la commission du renseignement. Elle y siège au moment de l’enquête contre la Russie et sa supposée ingérence dans la campagne de 2016. Elle y devient un adversaire coriace de l’administration Trump. Mais cette adversité se fera dans l’ombre. En effet il s’agit de la commission la plus secrète du Sénat, les auditions sont le plus souvent classifiées ce qui éloigne les caméras de télévision. Un handicap pour une carrière national. 


Les Républicains, Donald Trump en tête, lui reprochent son manque de respect des personnes auditionnées mais, en off, tous reconnaissent sa compétence héritée de sa carrière dans la fonction publique judiciaire. 
Kamala Harris y gardera un bon souvenir, elle « ne peut pas penser à un comité qui pourrait potentiellement mieux vous préparer à un rôle national ».


Son dernier comité, avant de devenir la Vice-Présidente de l’Etat fédéral, fut celui de la commission sur la justice. Une commission médiatisée ces derniers temps en raison de l’audition de la Juge Amy Coney Barrett précédent sa nomination à la Cour Suprême. Elle profita de cette tribune pour un dernier coup comme sénatrice en fustigeant un processus de nomination « irresponsable » en pleine pandémie de coronavirus. Elle reprocha aux Républicains de « mettre en danger » le personnel du Congrès. « Le Sénat devrait plutôt avoir pour priorité un plan de sauvetage pour les familles ».

BIDEN-HARRIS, UN TICKET INATTENDU


En 2020, elle est choisie par Biden pour être sa colistière à l’élection présidentielle américaine dans une Amérique de l’ère #MeToo et du mouvement Black Lives Matter. 


Elle n’est pas étrangère à la famille Biden : elle était une amie proche de Beau Biden, le fils de Biden, mort d’un cancer du cerveau en 2015. Il était lui aussi procureur général mais au Delaware, fief de son père. « Je lui parlait presque tous les jours et parfois plusieurs fois par jour »« c’était quelqu’un qui incitait les gens à devenir meilleurs », a confié Harris lors de son premier discours de colistière.


Malgré ces liens familiaux ce choix est surprenant. En effet, Kamala Harris avait été très virulente contre lui lors des débats aux primaires démocrates. Elle lui avait lancé « J’ai été très blessée en vous entendant parler de la réputation de deux sénateurs qui ont construit leur réputation et leur carrière sur la ségrégation raciale dans ce pays ». Comme toujours, la politique américaine est faite de compromis. 


Mais cette alliance peut se reposer sur la bénédiction de l’ancien Président Obama qui souligne le fait qu’« elle est plus que prête pour le poste ».

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UNE CAMPAGNE ENTACHEE D’ATTAQUES RACISTES


Dès sa nomination comme colistière démocrate, elle est la cible d’attaque raciste et sans fondement qui met en doute son lieu de naissance (l’une des conditions nécessaires pour être vice-président est d’être né aux Etats-Unis) et même sa nationalité. 


Le Président Donald Trump va même jusqu’à la qualifier de « monstre » et écorchant sans arrêt son prénom pour pointer du doigt ses origines étrangères.


Un « monstre » qui a fait barrage à un second mandat pour Donald Trump. 


LA PREMIERE FEMME PRESIDENTE DES ETATS-UNIS ? 


Les républicains ont pointé du doigt, tout au long de la campagne, l’âge de Joe Biden : 77 ans le 20 novembre prochain. En 2024, année de la prochaine présidentielle, il aura 81 ans. Il est devenu le Président le plus âgé de l’Histoire.


De ce constat est né un consensus chez les observateurs de la vie politique américaine : Kamala Harris sera amenée à remplacer Biden en devenant la 47ème, et première femme, Présidente des Etats-Unis. 


Seul 9 vice-présidents ont eu la lourde mission de remplacer le Président. Sera-t-elle la 10ème ?


Sources :
https://www.nouvelobs.com/elections-americaines-2020/20200813.OBS32133/10-choses-a-savoir-sur-kamala-harris-colisitiere-de-joe-biden.html
https://www.theguardian.com/us-news/2020/oct/14/kamala-harris-democrats-vice-president-race-gender
https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/07/kamala-harris-premiere-femme-elue-a-la-vice-presidence-des-etats-unis_6058937_3210.html
https://www.courrierinternational.com/article/elections-americaines-qui-est-kamala-harris-la-colistiere-de-joe-biden
https://www.buzzfeednews.com/article/emmaloop/kamala-harris-intelligence-committee-russia-republicans-2020

Pour en savoir plus : ARTE Reportage : « Etats-Unis : Kamala Harris, une ascension californienne »


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